La Présidence A Maurice
PRÉSIDENCE
Les calculs de Navin Ramgoolam
Qui sera le prochain président de la République ? La question est sur toutes les lèvres. Et le 19 septembre, les Mauriciens auront peut-être la réponse. Mais en attendant, dans les coulisses de cette nomination, le Premier ministre a plusieurs atouts en main et se livre à des calculs habiles. Quatre précisément. Mais lune dentre elles se précise, et porterait le nom dAngidi Chettiar.
En demandant au speaker du Parlement de convoquer les députés le 19 septembre prochain, Navin Ramgoolam, le Premier ministre, a lancé les spéculations. Un senior minister confirme lagenda. « Il sera bien question de la présidence de la République ce jour-là », révèle-t-il. Sans saventurer à en dire plus. Ainsi, le 19, le pays découvrira qui sera le prochain président. Et ce choix obéira directement à la stratégie politique que le Premier ministre entend mener en attendant les prochaines élections générales et au-delà. Ramgoolam a plusieurs cartes en main. Voici les calculs auxquels il procède avant den abattre une
Elu pour cinq ans en 2003, le mandat de lactuel président, sir Anerood Jugnauth (SAJ) sachève le 30 septembre, sur une note grinçante. En effet, SAJ a cette semaine critiqué la « couyonade » qua été la nomination de deux vice-Premiers ministres supplémentaires par Ramgoolam en 2005 en promettant de « reprendre la question » bientôt avec ce dernier. Une évolution inattendue dans les relations très cordiales « voire complices » constatées entre les deux hommes depuis deux ans. Cette attitude est-elle annonciatrice du départ confirmé de SAJ ? Alors même que les tentatives de rapprochement entre le Parti travailliste (PTr) de Ramgoolam et le MSM dirigé autrefois par SAJ sont régulières ? Cest fort probable
Une alliance bleu, blanc, rouge
Premier calcul. Des nostalgiques de la mythique alliance bleu, blanc, rouge des années 80 veulent voir le MSM rejoindre le gouvernement pour aller chercher la part de lélectorat traditionnel du PTr échaudée par la vie chère et les réformes économiques du gouvernement Ramgoolam. Et ainsi maintenir la popularité de celui-ci. Des membres de deux partis ont longtemps pensé que cette stratégie ne pourrait saccompagner que dun maintien de SAJ au Réduit. La situation nest plus aussi claire. Sil y a une alliance avec le MSM, il nest pas possible dimaginer le Travailliste Ramgoolam, coincé entre deux Jugnauth, le père à la State House, le fils à lhôtel du gouvernement comme vice-Premier ministre
En effet, Navin Ramgoolam, tout en consolidant ses bases rurales, doit encore pouvoir maintenir une certaine popularité parmi les composantes minoritaires de la population issue essentiellement des circonscriptions urbaines. Où ladversaire le plus coriace du jour, le MMM, semble jouir dune lente, mais certaine montée en puissance. Ramgoolam a beau avoir Xavier-Luc Duval comme numéro 3 du gouvernement, nempêche, le maintien de SAJ à la présidence signifierait que les plus hauts sommets de lEtat : présidence, Premier ministre, speaker de lAssemblée resterait aux mains dune communauté majoritaire plus hégémonique que jamais. Au moment même où la Fédération des créoles mauriciens du père Grégoire milite pour une plus grande participation des minorités au sein de lEtat. SAJ nentre pas dans les calculs à long terme de Ramgoolam. Cest donc une solution de rechange qui doit être trouvée.
Deuxième calcul. Le rechange, Ramgoolam la peut-être sous la main en la personne du fidèle Angidi Chettiar, figure du PTr, et actuel vice-président. Sauf que lancien trésorier du PTr nest quun poids plume de la politique. De plus, il partage le même handicap que SAJ. Car il narrivera pas à représenter la main tendue de Ramgoolam envers les minorités du pays. Mais Angidi a dautres atouts. Dont sa très grande fidélité, qui de lavis des travaillistes, ne lempêcherait pas dagir comme Karl Offman. Ce dernier, élu à la présidence en 2002, avait accepté doccuper les fonctions jusquen septembre 2003. Date à laquelle il démissionnait pour laisser la place à SAJ.
Cest à ce même calcul qua procédé Ramgoolam et de nombreuses autres têtes pensantes au PTr. Cette solution a un double avantage. Dabord, elle dégage un précieux temps de réflexion pour Ramgoolam. Inutile de se précipiter dans un choix définitif lourd à défendre en cas de configuration politique changeante. Avec Chettiar à Reduit, Ramgoolam peut observer les rapprochements entre le MSM et le MMM. Et soupeser sa propre stratégie de rapprochement avec lun des deux. Tout en réfléchissant entre-temps au meilleur candidat possible à la présidence lors de la campagne électorale des prochaines élections générales.
Troisème option : Le statu quo
Toutefois, même si cest une solution intérimaire, Ramgoolam pourrait ne pas se contenter dinstaller Chettiar sur le très court terme. En sachant que la santé du vice-président, âgé de 79 ans est jugée fragile par les membres du PTr.
Et quil pourrait, au cas où il serait appelé à assumer la fonction de chef de lEtat, ne pas pouvoir assurer toutes les fonctions officielles auxquelles il doit assister au pays et à létranger.
Doù le troisième calcul de Ramgoo-lam. Celui du statu quo. Le quatrième chapitre de la Constitution explique que le président et son adjoint restent tous deux en fonction jusquà lélection des nouveaux élus. Ramgoolam peut donc de manière tout à fait légale décider de ne rien faire, en laissant SAJ rester en fonction au-delà du 30 septembre. Et en ne proposant pas au Parlement délire un nouveau président. Faut-il encore quAnerood Jugnauth se prête au jeu. A la fin de son mandat, il peut aussi choisir de rentrer à La Caverne.
Depuis lannonce de la convocation du Parlement pour le 19 septembre, de hauts dirigeants du PTr ont fait remarquer que de nombreux projets de loi sont en fait prêts. Et que Ramgoolam peut décider dans les jours à venir de prolonger son délai de réflexion, en inscrivant un débat sur un projet de loi à lordre du jour, et ce à la dernière minute.
La surprise du chef
Des membres influents des états-majors du MMM et du MSM souhaitent toujours un rapprochement avec le PTr. Dans ces circonstances, un statu quo pourrait faciliter déventuelles tractations sur le choix dun futur président ou vice-président en cas dune alliance avec un parti dopposition. Mais comme le dit Paul Bérenger, le leader du MMM, le Premier ministre peut être « imprévisible ». Cest pourquoi il peut sêtre livré à un quatrième calcul.
Cest peut-être la surprise du chef. Qui démontrera la volonté de Ramgoolam denvoyer par avance un signal fort aux minorités du pays. En installant au Réduit une personne, au parcours politique étoffé, et issue des minorités. Cest une garantie sur lavenir, une preuve de lattachement de Ramgoolam à la représentativité des minorités aux plus hautes fonctions de lEtat. Avec même une sécurité de mandat en cas de défaite du camp de Ramgoolam aux prochaines élections générales. En effet, la procédure de destitution du président est lourde. Ce qui le préserverait contre les éventuelles velléités revanchardes dun nouveau gouvernement.
Les calculs sont faits. Reste maintenant à savoir lequel des quatre Ramgoolam a préféré. Il semble toutefois, que vu la conjoncture actuelle, une solution intérimaire simpose. Ramgoolam a besoin de temps pour peaufiner sa stratégie politique et éventuellement son choix dalliance. Pour cela, il pourrait faire de Chettiar son Karl Offman. Confirmation le 19 septembre.

Les calculs de Navin Ramgoolam
Qui sera le prochain président de la République ? La question est sur toutes les lèvres. Et le 19 septembre, les Mauriciens auront peut-être la réponse. Mais en attendant, dans les coulisses de cette nomination, le Premier ministre a plusieurs atouts en main et se livre à des calculs habiles. Quatre précisément. Mais lune dentre elles se précise, et porterait le nom dAngidi Chettiar.
En demandant au speaker du Parlement de convoquer les députés le 19 septembre prochain, Navin Ramgoolam, le Premier ministre, a lancé les spéculations. Un senior minister confirme lagenda. « Il sera bien question de la présidence de la République ce jour-là », révèle-t-il. Sans saventurer à en dire plus. Ainsi, le 19, le pays découvrira qui sera le prochain président. Et ce choix obéira directement à la stratégie politique que le Premier ministre entend mener en attendant les prochaines élections générales et au-delà. Ramgoolam a plusieurs cartes en main. Voici les calculs auxquels il procède avant den abattre une
Elu pour cinq ans en 2003, le mandat de lactuel président, sir Anerood Jugnauth (SAJ) sachève le 30 septembre, sur une note grinçante. En effet, SAJ a cette semaine critiqué la « couyonade » qua été la nomination de deux vice-Premiers ministres supplémentaires par Ramgoolam en 2005 en promettant de « reprendre la question » bientôt avec ce dernier. Une évolution inattendue dans les relations très cordiales « voire complices » constatées entre les deux hommes depuis deux ans. Cette attitude est-elle annonciatrice du départ confirmé de SAJ ? Alors même que les tentatives de rapprochement entre le Parti travailliste (PTr) de Ramgoolam et le MSM dirigé autrefois par SAJ sont régulières ? Cest fort probable
Une alliance bleu, blanc, rouge
Premier calcul. Des nostalgiques de la mythique alliance bleu, blanc, rouge des années 80 veulent voir le MSM rejoindre le gouvernement pour aller chercher la part de lélectorat traditionnel du PTr échaudée par la vie chère et les réformes économiques du gouvernement Ramgoolam. Et ainsi maintenir la popularité de celui-ci. Des membres de deux partis ont longtemps pensé que cette stratégie ne pourrait saccompagner que dun maintien de SAJ au Réduit. La situation nest plus aussi claire. Sil y a une alliance avec le MSM, il nest pas possible dimaginer le Travailliste Ramgoolam, coincé entre deux Jugnauth, le père à la State House, le fils à lhôtel du gouvernement comme vice-Premier ministre
En effet, Navin Ramgoolam, tout en consolidant ses bases rurales, doit encore pouvoir maintenir une certaine popularité parmi les composantes minoritaires de la population issue essentiellement des circonscriptions urbaines. Où ladversaire le plus coriace du jour, le MMM, semble jouir dune lente, mais certaine montée en puissance. Ramgoolam a beau avoir Xavier-Luc Duval comme numéro 3 du gouvernement, nempêche, le maintien de SAJ à la présidence signifierait que les plus hauts sommets de lEtat : présidence, Premier ministre, speaker de lAssemblée resterait aux mains dune communauté majoritaire plus hégémonique que jamais. Au moment même où la Fédération des créoles mauriciens du père Grégoire milite pour une plus grande participation des minorités au sein de lEtat. SAJ nentre pas dans les calculs à long terme de Ramgoolam. Cest donc une solution de rechange qui doit être trouvée.
Deuxième calcul. Le rechange, Ramgoolam la peut-être sous la main en la personne du fidèle Angidi Chettiar, figure du PTr, et actuel vice-président. Sauf que lancien trésorier du PTr nest quun poids plume de la politique. De plus, il partage le même handicap que SAJ. Car il narrivera pas à représenter la main tendue de Ramgoolam envers les minorités du pays. Mais Angidi a dautres atouts. Dont sa très grande fidélité, qui de lavis des travaillistes, ne lempêcherait pas dagir comme Karl Offman. Ce dernier, élu à la présidence en 2002, avait accepté doccuper les fonctions jusquen septembre 2003. Date à laquelle il démissionnait pour laisser la place à SAJ.
Cest à ce même calcul qua procédé Ramgoolam et de nombreuses autres têtes pensantes au PTr. Cette solution a un double avantage. Dabord, elle dégage un précieux temps de réflexion pour Ramgoolam. Inutile de se précipiter dans un choix définitif lourd à défendre en cas de configuration politique changeante. Avec Chettiar à Reduit, Ramgoolam peut observer les rapprochements entre le MSM et le MMM. Et soupeser sa propre stratégie de rapprochement avec lun des deux. Tout en réfléchissant entre-temps au meilleur candidat possible à la présidence lors de la campagne électorale des prochaines élections générales.
Troisème option : Le statu quo
Toutefois, même si cest une solution intérimaire, Ramgoolam pourrait ne pas se contenter dinstaller Chettiar sur le très court terme. En sachant que la santé du vice-président, âgé de 79 ans est jugée fragile par les membres du PTr.
Et quil pourrait, au cas où il serait appelé à assumer la fonction de chef de lEtat, ne pas pouvoir assurer toutes les fonctions officielles auxquelles il doit assister au pays et à létranger.
Doù le troisième calcul de Ramgoo-lam. Celui du statu quo. Le quatrième chapitre de la Constitution explique que le président et son adjoint restent tous deux en fonction jusquà lélection des nouveaux élus. Ramgoolam peut donc de manière tout à fait légale décider de ne rien faire, en laissant SAJ rester en fonction au-delà du 30 septembre. Et en ne proposant pas au Parlement délire un nouveau président. Faut-il encore quAnerood Jugnauth se prête au jeu. A la fin de son mandat, il peut aussi choisir de rentrer à La Caverne.
Depuis lannonce de la convocation du Parlement pour le 19 septembre, de hauts dirigeants du PTr ont fait remarquer que de nombreux projets de loi sont en fait prêts. Et que Ramgoolam peut décider dans les jours à venir de prolonger son délai de réflexion, en inscrivant un débat sur un projet de loi à lordre du jour, et ce à la dernière minute.
La surprise du chef
Des membres influents des états-majors du MMM et du MSM souhaitent toujours un rapprochement avec le PTr. Dans ces circonstances, un statu quo pourrait faciliter déventuelles tractations sur le choix dun futur président ou vice-président en cas dune alliance avec un parti dopposition. Mais comme le dit Paul Bérenger, le leader du MMM, le Premier ministre peut être « imprévisible ». Cest pourquoi il peut sêtre livré à un quatrième calcul.
Cest peut-être la surprise du chef. Qui démontrera la volonté de Ramgoolam denvoyer par avance un signal fort aux minorités du pays. En installant au Réduit une personne, au parcours politique étoffé, et issue des minorités. Cest une garantie sur lavenir, une preuve de lattachement de Ramgoolam à la représentativité des minorités aux plus hautes fonctions de lEtat. Avec même une sécurité de mandat en cas de défaite du camp de Ramgoolam aux prochaines élections générales. En effet, la procédure de destitution du président est lourde. Ce qui le préserverait contre les éventuelles velléités revanchardes dun nouveau gouvernement.
Les calculs sont faits. Reste maintenant à savoir lequel des quatre Ramgoolam a préféré. Il semble toutefois, que vu la conjoncture actuelle, une solution intérimaire simpose. Ramgoolam a besoin de temps pour peaufiner sa stratégie politique et éventuellement son choix dalliance. Pour cela, il pourrait faire de Chettiar son Karl Offman. Confirmation le 19 septembre.

Hareeta CUNNIAH
Elwyn CHUTEL
Fabrice ACQUILINA
Elwyn CHUTEL
Fabrice ACQUILINA
lire plus ici